Geneva Street Fishing Genève pêche de rue

Objectif pêche à Genève

By

Où va la pêche de loisir ?

Eclusées, obstacles à la migration, pollutions chroniques, captages des eaux de source, piscivores invasifs, et, depuis quelques années, sécheresse récurrente et augmentaton de la température de l’eau. Loin  de diminuer, les facteurs qui transforment nos cours d’eau ne font que s’addi3onner les uns aux autres, et nous éloignent chaque jour davantage des rivières que nous avons pêchées par le passé. A la faillite tragique de l’Etat et de la Confédéra3on dans leur tâche régalienne de protéger les condi3ons

de vie de nos poissons s’est malheureusement ajoutée une idéologie conservatrice qui n’a pas su, ou pas voulu, développer des connaissances scien3fiques et des instruments dont les ges3onnaires de la pêche ont pourtant urgemment besoin aujourd’hui.

Cette vision, incapable de s’affranchir du passé et de penser

un avenir réalisable pour nos rivières, est donc aujourd’hui une menace aussi grande pour la pêche de loisir que le réchauffement climatque !

La FSPG doit donc prendre ses distances avec ceKe idéologie contre-productive, et convaincre l’administration que la gestion conservatrice et normale telle que nous la pratiquons aujourd’hui doit être abandonnée. Ce que nous appelons de nos voeux, ce sont donc des mesures durables et fortes en faveur de la pêche de loisir, basées sur des expériences de terrain, des savoirs empiriques et des requêtes des pêcheurs. Il faudrait, en fin de compte, que la gestion des systèmes écologiques évolue avec les transformations que ces derniers subissent, et des connaissances que l’on en a. Cela revient, évidemment, à cesser de viser un idéal qui ne sera jamais aKeint, et à ne plus craindre de tenter des choses et de faire des erreurs.

On pourrait, par exemple, offrir une pêche hivernale sur les cours d’eau urbains qui, aujourd’hui, ne produisent plus de salmonidés, utiliser les rivières qui s’assèchent systématiquement pour produire des poissons qu’on transfèrerait ensuite ailleurs, ou alors repenser globalement les objectifs de la gestion halieutique du Rhône et de l’Arve, puisqu’aucune des mesures visant à favoriser le retour naturel des ombres et des truites n’a été efficace, malgré les sommes astronomiques englouties par l’administration

et les Services Industriels au profit des bureaux d’étude privés. La tendance actuelle, qui voit les pêcheurs déserter progressivement nos cours d’eau, ne s’inversera que si l’Etat change radicalement de stratégie.

Il est temps que la pêche de loisir devienne véritablement durable ! La pêche durable, pour l’OFEV, l’Etat de Genève, la plupart des associa3ons qui protègent l’environnement, et même pour certains d’entre nous, ce serait une pêche dans laquelle les pêcheurs prélèvent ce que la nature peut offrir, sans intervenir sur les peuplements piscicoles. Maintenir la pêche de loisir, ce serait donc agir pour que nos cours d’eau reviennent à un état idéal.

Convaincus par ceKe belle et simple idée, nous nous sommes donc engagés, depuis trente ans, aux côtés de l’Etat et des associa3ons environnementalistes, en faveur de la réhabilita3on des milieux aqua3ques.

Aujourd’hui, force est d’admeKre que ceKe stratégie ne mène nulle part. L’énergie renouvelable des barrages hydro-électriques du Rhône a la cote même chez les plus verts des écologistes, alors qu’elle a pourtant provoqué la disparition des poissons d’eau vive dans ce fleuve !

L’incapacité de l’Etat à offrir de l’eau en qualité et en quan3té suffisantes à nos poissons apparaît structurelle et indépendante des magistrats, et une écrasante majorité du Grand Conseil et du Conseil d’Etat voit d’un bon oeil la poursuite d’un développement territorial qui a fait disparaître la moi3é de nos rivières cet été ! Aujourd’hui, le discours qui consiste à lier la pêche de loisir à un irréaliste retour des rivières à ce qu’elles étaient il y a un siècle ne mènera qu’à un appauvrissement généralisé du nombre d’espèces qui peuplent nos cours d’eau, et à la disparition de la pêche.

Il est donc temps de clamer haut et fort que ce que nous voulons, c’est voir des poissons dans nos eaux ! QuiKe à ce qu’ils aient vu le jour dans une boîte Vibert, dans une pisciculture, ou même dans un autre pays. Que nous ne croyons plus aux promesses des experts autoproclamés et des fins ges3onnaires qui n’ont fait qu’accompagner la chute ver3gineuse de nos popula3ons de poissons. Qu’il y en a marre de voir des centaines de pêcheurs renoncer au permis genevois au profit des truites

de pisciculture d’Ormea ou du Val Ferret, alors que l’Arve urbaine aurait pu répondre dix fois mieux à cette demande sociale légitime. Que nous n’en pouvons plus d’entendre une minorité de fonc3onnaires clamer qu’on ne 3re pas les oiseaux

piscivores pour protéger des poissons de pisciculture, au prétexte que ces derniers n’ont aucune valeur, alors qu’ils n’ont pas pu empêcher la dispari3on de leurs homologues sauvages !! Enfin, que nous en avons ras le bol de ce procès d’inten3on permanent des amis de la nature, qui voient parfois en nous des alliés de circonstance, mais qui considèrent, dès lors qu’il s’agit de défendre une pêche populaire, que nos mo3va3ons sont perver3es par le plaisir de pêcher!

La pêche de loisir doit être un objet à défendre en tant que tel, et pas un moyen déguisé de nous voir imposer une vision égoïste de la nature que nous ne partageons pas !^La pêche durable, ce n’est donc pas la traque désespérée des chevesnes de l’Aire. C’est au contraire une ac3vité humaine fondamentale, qui a de fortes dimensions sociales et économiques, et pas seulement des aspects écologiques néga3fs, contrairement à ce qui a été injustement considéré jusque là.

Amis pêcheurs, soyez-en convaincus, la pêche de loisir mérite d’être défendue comme telle !

Comité directeur FSPG