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Les truites arc-en-ciel font leur retour dans le Rhône

Ces poissons vont enfin être réintroduits côté français, en aval de Verbois. Les pêcheurs genevois crient victoire…

Les pêcheurs genevois attendaient ça depuis plus de trente ans. Mais cette fois, ça y est. Samedi prochain, environ 350 kilos de truites arc-en-ciel vont être réintroduits dans le Rhône, côté français, en aval du barrage de Verbois. Pour les pêcheurs, c’est une victoire et un pied de nez à la législation fédérale. «Dès 1991, l’Office fédéral de l’environnement a interdit à plusieurs reprises la mise à l’eau de truites arc-en-ciel dans le Rhône urbain, déplore Christophe Ebener, président de la Fédération des sociétés de pêche genevoises (FSPG). Alors que le Canton l’avait expressément demandée par le biais d’une dérogation en 2010, car ce secteur du fleuve est aujourd’hui très dégradé.»

Preuve de la pauvreté en poissons de ces eaux, la truite fario, une espèce indigène, peine à s’y reproduire, malgré de coûteuses campagnes de repeuplement. Les captures de ce salmonidé dans le Rhône genevois «ont chuté de façon vertigineuse depuis la mise en service du barrage du Seujet, en 1986», constate Christophe Ebener. Les pêcheurs en «sortaient» près de 7000 par an avant cette date-là, contre à peine quelques centaines depuis le début des années 2000. «Les vidanges du Rhône en 2003, 2012 et 2016 n’ont pas aidé, poursuit le président de la FSPG. Aujourd’hui, le fleuve en aval de Verbois ressemble à un vrai désert pour les poissons les plus sensibles!»

Reste que la truite arc-en-ciel n’est pas indigène. Originaire d’Amérique du Nord, elle a été introduite dès 1887 en Suisse. Sans poser de problème aux autres espèces, assure le président de la FSPG: «Contrairement à la fario, qui préfère être proche des rives, l’arc-en-ciel est un poisson de pleine eau. Elle ne vit donc pas au même endroit que sa cousine.»

Pour les pêcheurs, la truite arc-en-ciel possède d’autres atouts. D’abord, elle ne se reproduit pas naturellement dans le Rhône – deux études genevoises l’ont démontré – donc elle ne colonise pas ces eaux au détriment d’autres espèces. Ensuite, elle se reproduit facilement en captivité et à moindre coût. Enfin, et surtout, sa pêche est «plus palpitante, car cette truite est combative», nous confiait Christophe Ebener il y a un peu plus d’un an.

Dès lors, c’est avec un plaisir évident que, samedi prochain, des membres de la FSPG vont «aider les associations de pêcheurs français à mettre à l’eau ces truites arc-en-ciel dans le Rhône français en aval de Verbois», sourit Christophe Ebener. Qui, secrètement, espère bien qu’une partie de ces salmonidés va remonter le courant jusque dans le secteur genevois du fleuve… (TDG)