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«Les grilles d’égout ne sont pas des poubelles!»

Les communes boudent un outil qui leur est proposé pour endiguer la pollution des rivières par le biais des bouches d’égout.

Le chef de file des pêcheurs genevois en a marre! Président de la Fédération des sociétés de pêche genevoises (FSPG), Christophe Ebener est excédé de voir les gens jeter tout et n’importe quoi dans les grilles d’égout. Car la grande majorité de celles-ci conduit directement aux cours d’eau et au lac, que ces rejets polluent. «L’été dernier, j’ai vu les nettoyeurs de l’école de mes filles vider leurs seaux dans la grille menant à l’Aire. Je leur ai expliqué et réexpliqué les conséquences de leur geste, en vain», raconte Christophe Ebener, d’autant plus scandalisé que l’Aire était alors particulièrement vulnérable, avec un débit très faible.

Puis le représentant des pêcheurs a entendu parler de plaquettes pour sensibiliser la population à ce problème. Faites pour être mises à côté des bouches d’égout (voir photo), elles ont été créées il y a bientôt un an par l’Association suisse des professionnels de la protection des eaux (VSA). Les communes peuvent se les procurer pour 5 fr. la pièce, mais elles ne semblent pas beaucoup s’y intéresser. Jusque-là, à Genève, seules Jussy et Bellevue en ont commandé une centaine chacune. L’été dernier, toutes les communes du pays ont pourtant été informées de l’existence de ces plaquettes, mais à ce jour, elles ne sont que septante à en avoir commandé, dont dix-huit en Suisse romande. Les pêcheurs genevois ont donc pris leur bâton de pèlerin et écrit eux-mêmes aux 45 communes genevoises, sans avoir plus de succès: «Seule Onex nous a répondu», confie, déçu, Christophe Ebener.

Malgré les campagnes de sensibilisation récurrentes, une grande partie de la population n’a pas conscience que les mégots, les sacs à crottes de chien ou les produits chimiques jetés dans les grilles d’égout atterrissent directement dans les rivières et le lac. On constate régulièrement des pollutions, et parfois même des mortalités de poissons. «Les gens croient que ces grilles mènent aux stations d’épuration, déplore François Pasquini, directeur du Service de l’écologie de l’eau. C’était le cas jusque dans les années 70, mais depuis lors, on a séparé l’évacuation des eaux usées des bâtiments et celle des eaux de ruissellement, afin d’éviter de saturer les stations d’épuration dès qu’il pleut.» Aujourd’hui, plus de 80% des bouches d’égout vont dans la nature. Mais même dans les autres, il est recommandé de ne rien jeter: «Les stations d’épuration ne sont pas faites pour traiter les restes de peinture ou les huiles de vidange, explique François Pasquini. Il faut arrêter de prendre les grilles de sol pour des poubelles!»

(TDG)

Créé: 06.04.2017, 17h35