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Objectif pêche à Genève

Un infirmier de formation a ferré un énorme brochet. Il a ensuite relâché la bestiole, une pratique qui est tolérée par la loi…

Un infirmier de formation a ferré un énorme brochet. Il a ensuite relâché la bestiole, une pratique qui est tolérée par la loi…

La prise d’Hervé Obser, un brochet de 1,25 mètre pour 20 kilos, a de quoi impressionner. «Il m’a fallu dix minutes et une bonne dose d’adrénaline pour le sortir de l’eau», raconte l’Alsacien d’origine, venu s’installer en France voisine «pour le lac et les montagnes. Je suis sur l’eau dès que j’ai du temps libre, sinon je travaille comme infirmier à domicile. C’est un patient qui m’a dit de parler de ma prise, pensant que peu de Genevois savent que de tels poissons se trouvent dans leur lac.»

En effet, des grosses bêtes se baignent dans le Léman. Celle-ci a été pêchée au large de Corsier, «Ce genre de prises est rare mais pas exceptionnelle», relève Maxime Prevedello, président de l’Association genevoise des sociétés de pêche (AGSP): «Il y a beaucoup de brochets dans le lac. Selon certains biologistes, il y en a même trop pour l’écosystème. Parmi eux, un certain nombre atteint des tailles impressionnantes, mais il est difficile d’estimer combien.»

Le mastodonte d’Hervé Obser est en tout cas toujours dans le lac. Car, entre ses mains, les poissons ne finissent pas toujours en papillote au four. «Je pratique le no-kill, c’est-à-dire que je relâche les poissons au lieu de les manger. Dans ce cas précis, c’était une femelle, donc une grande reproductrice.»

Cette pratique fait débat, mais elle est tolérée par la loi. «Beaucoup de gens pensent qu’il est interdit de relâcher un poisson dans les eaux suisses, mais c’est faux, indique Maxime Prevedello. Si le pêcheur juge que la bestiole n’est pas blessée, il peut décider de la remettre à l’eau.» La loi a été précisée en décembre 2014 avec une aide à l’exécution. Celle-ci prend également en compte les considérations écologiques, car «chaque poisson survivant a une importance écologique pour la population», confie le président de l’AGSP. (TDG)

(Créé: 06.09.2015, 17h19)