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Prédateurs et espèces protégées: un casse-tête pour les écologistes

Des oiseaux protégés menacent certains poissons. Des pêcheurs aimeraient les réguler par des tirs. Berne l’interdit.

Le harle affectionne les ombres communs de l’Allondon, des poissons menacés. Mais le harle bièvre est protégé au niveau fédéral; il ne peut donc en aucun cas être abattu.gg

On imaginait les écologistes comme une grande famille unie pour la protection de la nature, du lichen à l’hippopotame. C’était sans compter la complexité de la chaîne alimentaire et les sensibilités divergentes des environnementalistes. A Genève, alors que certains se félicitent du retour de la loutre dans nos contrées, d’autres s’inquiètent déjà de l’impact de ce prédateur sur les populations de poissons menacées. L’Association genevoise des sociétés de pêche a ainsi appelé une nouvelle fois l’Etat à autoriser la régulation des oiseaux piscivores sur certains cours d’eau par des tirs.

Protection contraignante

La problématique n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années déjà, des pêcheurs mettent en garde l’Etat sur les dangers que représentent les familles de harles pour les ombres communs de l’Allondon, des poissons menacés que les pêcheurs eux-mêmes ne peuvent pas conserver. «Le tir d’un ou deux prédateurs serait simple et économique, et permettrait de limiter l’impact sur ces espèces», propose sans complexe Christophe Ebener, représentant des Verts à la Commission de la pêche.

Sauf que le harle bièvre est protégé au niveau fédéral: il ne peut donc en aucun cas être abattu. Sous la pression des associations de pêcheurs, des employés de l’Etat se sont donc retrouvés à devoir déplacer et effaroucher les bébés harles pour tenter de diminuer leur nombre sur les bords du cours d’eau. Une méthode lourde en main-d’œuvre pour un résultat incertain.

Mais l’Etat n’avait pas vraiment le choix. «Dès que nous sommes face à une espèce protégée au niveau fédéral, c’est un véritable casse-tête; on a très peu de marge de manœuvre», confie Alain Rauss, chef du Service des gardes de l’environnement.

Source TDG Juillet 2014