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L’Allondon sauvée des eaux… usées

Accord franco-genevois: L’Allondon sauvée des eaux… usées – News Genève: Actu genevoise – tdg.ch

Ce dossier a fait des vagues sur la rive droite du Léman. Il aura fallu plus d’un an de négociations, mais le Canton de Genève et le Pays de Gex ont finalement trouvé un terrain d’entente afin de poursuivre leur collaboration en matière de gestion de l’eau. Grâce à cet accord transfrontalier entériné jeudi soir, la Communauté de communes du Pays de Gex (CCPG) renonce à construire sa propre station d’épuration. «Une grande victoire pour l’environnement», se réjouissent en chœur les élus et les associations de protection de l’environnement.

Clients ou partenaires

La principale pierre d’achoppement était les tarifs appliqués par Genève pour assurer le traitement des eaux usées de ses voisins français. Depuis 2009, c’est en effet la station d’épuration (STEP) du Bois-de-Bay qui reçoit les eaux en question, transitant par la galerie de Choully. Maintes fois citée en exemple des réalisations concrètes du Grand Genève, cette opération transfrontalière visait principalement à préserver l’Allondon.

Seulement voilà, comme nous le révélions à la fin de janvier, la facture de la CCPG n’a cessé de grimper ces dernières années. «Entre 2009 et 2015, l’augmentation atteignait 45%, rappelle Daniel Raphoz, vice-président chargé de l’eau et de l’assainissement à la CCPG. La hausse soudaine du franc en janvier a accentué le problème.» Le surcoût pour 2015 atteignant 743?500?euros. De plus, la CCPG s’inquiétait de l’augmentation des tarifs prévue par les Services industriels de Genève (SIG) dans les années à venir. Au point que les élus français envisageaient de construire leur propre station d’épuration.

Cette solution radicale est donc écartée. «Les deux entités se sont notamment mises d’accord sur les nouvelles conditions tarifaires prévalant jusqu’en 2039 pour le traitement des eaux usées dans les stations d’épuration (STEP) genevoises», indiquent les autorités genevoises et françaises dans un communiqué commun.

Concrètement, la CCPG a été sortie du périmètre de solidarité mis en place par les SIG. «Nous ne pouvions être considérés comme n’importe quel autre client, insiste Daniel Raphoz. Il était capital de revenir à une logique de partenariat.» De son côté, le conseiller d’Etat genevois chargé de l’Environnement, Luc Barthassat, estime que «tout le monde a fait un effort: le Canton, les SIG et les Français. Il fallait éviter la construction d’une nouvelle STEP côté français, qui aurait entraîné des problèmes de rejets dans l’Allondon.»

«Une bombe écologique»

Au début de 2015, le WWF, Pro Natura et l’Association genevoise des sociétés de pêche (AGSP) dénonçaient «une bombe écologique», rappelant que le débit de l’Allondon est trop faible pour permettre une dilution des eaux usées même traitées. Aujourd’hui, l’accord trouvé leur redonne le sourire. «Il dépasse même nos espérances puisqu’il prend en compte les rejets dans d’autres cours d’eau», signale Maxime Prevedello, président de l’AGSP.

Daniel Raphoz confirme que grâce à l’accord, la CCPG retrouve la capacité financière de «faire un effort supplémentaire sur les infrastructures côté français». Telle la STEP vieillissante de Saint-Jean-de-Gonville. A terme, c’est donc la qualité des eaux de l’Allondon qui est préservée, mais aussi «de nouvelles perspectives qui s’ouvrent pour la Versoix et le Roulave, affluent de l’Allondon». D’autant que l’accord intègre aussi des obligations relatives aux micropolluants. (TDG)

(Créé: 26.06.2015, 18h08)