Geneva Street Fishing Genève pêche de rue

Objectif pêche à Genève

Les pêcheurs genevois remontés contre le barrage du Seujet

La passe à poissons serait mal conçue, et donc inefficace. Propriétaires de l’ouvrage, les Services industriels contestent.

Lorsque le barrage turbine, l’entrée de la passe à poissons se retrouve hors de l’eau, donc inaccessible, selon le président de  l’Association genevoise des sociétés de pêche.

Lorsque le barrage turbine, l’entrée de la passe à poissons se retrouve hors de l’eau, donc inaccessible, selon le président de l’Association genevoise des sociétés de pêche.
Image: Pierre Albouy

Le barrage du Seujet constitue-t-il un obstacle trop souvent infranchissable pour les poissons? C’est ce que lui reprochent les pêcheurs, qui dénoncent l’incurie des Services Industriels de Genève (SIG), propriétaires de l’ouvrage.

Dans son dernier bulletin, l’Association genevoise des sociétés de pêche (AGSP) affirme que la passe (ou échelle) à poissons attenante au barrage a été mal conçue et ne fonctionne pas: «Les hauteurs d’eau ont été mal calculées, estime Maxime Prevedello, président de l’AGSP. Lorsque le barrage turbine, le niveau d’eau baisse de quelques dizaines de centimètres en amont et l’entrée de la passe à poissons se retrouve ainsi hors de l’eau, donc inatteignable.»

La question a son importance pour la reproduction des poissons, qui vont frayer dans le Rhône et ses affluents, puis remontent dans le lac Léman. Ils ont ainsi besoin de franchir le barrage du Seujet dans les deux sens. «Le problème est connu depuis la mise en eau du barrage en 1995, assure Maxime Prevedello. Nous avons à maintes reprises alerté les autorités et les SIG, mais nos plaintes sont restées lettres mortes.»Aujourd’hui, les pêcheurs estiment qu’il n’y a plus d’excuse: la révision de la Loi fédérale sur la protection des eaux, entrée en vigueur en 2011, a créé un fonds pour l’assainissement des barrages, alimenté par une taxe sur l’utilisation des réseaux électriques à haute tension. D’ici à 2030, les poissons devront pouvoir franchir sans problème tous les barrages de Suisse. «La loi apporte le financement sur un plateau, mais malgré cela, les SIG profitent de cette manne pour se soustraire à leurs obligations. N’est-ce pas révoltant?» s’indigne Maxime Prevedello.

Les SIG contestent ces accusations. «Le barrage du Seujet a obtenu le label «Naturemade star», qui certifie une électricité produite de manière particulièrement respectueuse de l’environnement, souligne la porte-parole des SIG, Anne-Claude Steiner. Cela prouve qu’il n’y a pas de dysfonctionnements. De plus, des cycles d’ouverture et de fermeture de l’écluse sont effectués trois à six fois par semaine pour permettre aux poissons de passer.» Le principe est le même que pour l’éclusage des bateaux, mais cela dure plus longtemps, environ quatre heures. Néanmoins, pour les pêcheurs, il ne s’agit là que d’une solution intermittente qui ne les satisfait pas. Quoi qu’il en soit, la question devrait être tranchée d’ici à 2016 par deux études franco-suisses en cours, cofinancées par les SIG. Des poissons marqués ou équipés d’émetteurs radio sont suivis dans le Rhône genevois, le bassin de l’Arve et la Versoix, afin de voir s’ils parviennent à utiliser correctement les passes à poissons.

Source TDG

Heureusement que la mauvaise foi ne tue pas !!!