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«La noyade de dimanche a dû leur mettre la pression»

Un helicoptere et des plongeurs-sauveteurs participent a une demonstrations de sauvetage lors des journees de prevention sur la baignade dans le Rhone organisees par le departement de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA), ce samedi 22 aout 2017 a Geneve. (KEYSTONE/Anthony Anex)

Par Lucie Fehlbaum – Samedi et dimanche, pompiers, policiers et fonctionnaires investissent le sentier des Saules pour faire de la prévention.

L’hélicoptère repère le noyé et s’approche, vrombissant, de la surface du Rhône pour larguer un sauveteur en tenue de plongeur. Des passants médusés sont collés à la barrière, au bord de l’eau. «C’est impressionnant» et autres «waouw» s’élèvent de la foule, avant le cri et le bondissement général: les pales de l’hélico soulève une masse d’eau et de terre, qui retombe en plein sur les spectateurs. «L’engin des HUG va chercher le plongeur de la police au poste de la navigation avant de foncer en moins de cinq minutes repérer le nageur en détresse, explique le chef plongeur, Yan Loudoueineix.»

L’exercice, fictif, fait partie d’une série de démonstrations proposées ce week-end au sentier des Saules. La Baignade du Rhône réuni pompiers, policiers et fonctionnaires du Département de l’environnement (DETA) pour prévenir les baigneurs des dangers du fleuve et expliquer les manoeuvres de sauvetage.

«La baignade est autorisée du pont Sous-Terre à la pointe de la Jonction, explique Marceau Schroeter, directeur de la communication au DETA. Mais les lieux demeurent dangereux. » Les principaux risques sont liés au courant et aux fluctuations du niveau de l’eau. «Le barrage en amont ouvre et ferme ses vannes, sans avertir les baigneurs. Ils peuvent rapidement perdre pied.»
Luc Barthassat, conseiller d’Etat en charge du DETA, mentionne aussi les problèmes d’hydrocution. «L’ouverture des vannes entraine un changement de température de l’eau très rapide. Peut-être faudrait-il installer des panneaux pour indiquer quand les vannes sont ouvertes ?»

Inquiétude des baigneurs

Pompiers, policiers et plongeurs présentent tout le week-end les différentes opérations de sauvetage possibles. Les passants se sont notamment essayé, samedi, au lancer de bouée, dont la corde doit rester à terre au moment du jeté. «Les gens aiment voir qu’on travaille bien ensemble», a précisé le Ministre de l’environnement. Après la noyade de dimanche, qui a entrainé le décès d’un Nigérian d’une vingtaine d’années, les baigneurs se sont montrés motivés à en savoir plus sur les dangers du fleuve. «Le flyer que nous avons édité est traduit en quatre langues», a souligné Marceau Schroeter. Deux jeunes filles, discutant en espagnol, sont reparties avec leurs brochures, après quelques questions sur les fameuses bouées installées récemment au milieu de l’eau. Géraldine, jeune maman en balade, a apprécié les différents exercices de sauvetage. «Peut-être que la noyade de dimanche leur ont mis la pression? Je me baigne souvent mais j’ai toujours un peu peur. Je ne suis pas sûre de l’efficacité de ces bouées, c’est pas mal mais probablement pas suffisant. Je suis contente de voir que les sauveteurs s’entrainent.»

«Ces interventions sur le Rhône ont lieu quatre fois par semaine environ, a indiqué Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police. Même si statistiquement, ce sont plutôt les touristes qui ont des problèmes, rencontrer la population est primordial.» Pour le premier lieutenant Frédéric Jacques, des SIS, la coopération entre pompiers et policiers est essentielle. «Nous intervenons pour les personnes en détresse à moins de 3 mètres de profondeurs. Sinon, les plongeurs de la police prennent le relai. Sur chaque intervention, 12 de nos hommes sont engagés et leur équipement est adapté à l’eau vive. Que le sauvetage soit réalisé par la police ou par les pompiers, cela n’a pas d’importance: l’essentiel, c’est que la personne en danger soit hors de l’eau.»